par Gosseyn, le 9 juillet 2006.
(dernière modification le 9 juillet 2006)

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Mais qu'est-ce que cela peut bien être que l'ODF ? Open Document Format est un nouveau standard de stockage de données (textes, tableaux, graphiques, bases de données...) utilisé en bureautique. Issu de la suite bureautique OpenOffice, ce format est ouvert et gratuit, ce qui signifie que n'importe quel programmeur qui le décide, peut implémenter ce format dans son logiciel ainsi rendre son programme interopérable avec d'autres logiciels qui lisent aussi ce format. Microsoft vient de décider d'adopter ce format dans sa future suite bureautique Office 12.

Microsoft, qui souhaitait imposer son nouveau format Open XML pour remplacer l'antique .doc avec sa nouvelle suite Office 2007, décide, sans y renoncer, de gérer son format concurrent, l'Open Document (ODF), format ouvert et standard de fait.

C'est un évènement sans commune mesure chez Microsoft : pour la première fois, son logiciel Office sera compatible avec un format concurrent, non pas dans le but d'assurer la transition de produits concurrents vers Ms-Office, mais parce que Microsoft subit une pression de ses clients pour que sa suite gère ce format. Pour l'historique, il faut savoir que les formats utilisés par Microsoft dans les versions précédentes de MS-Office soit le format
Word (.doc), Excel (.xls) et Powerpoint (.ppt) sont des formats "propriétaires", fermés, qui ne peuvent être lus que par la suite Microsoft. On est donc obligé d'avoir le programme Word pour lire un fichier Word ? Non, pas tout à fait, car des programmes tiers sont capables de lire de tels fichiers (et même d'en écrire). Mais comme Microsoft ne rend pas compréhensible le contenu de ses formats de données, il est très difficile pour les programmeurs ne travaillant pas pour Microsoft de permettre à leurs programmes de lire et écrire dans des formats propriétaires Microsoft. Ils sont obligés, pour cela, de faire du "reverse-ingineering" (ou ingénierie à l'envers) qui consiste à analyser un document point par point pour comprendre comment il est encodé. D'où la difficulté de rendre des programmes comme OpenOffice ou Pages (d'Apple) compatible à 100% avec Word.

openofficelogo
Le format Open Document, destiné à standardiser le stockage de données (texte, tableau, graphique et base de données) au sein des applications de bureautique, est un standard (ISO/ECMA) aujourd'hui reconnu, libre et ouvert. A la base de ce format, il y a des sociétés ou organismes comme Sun, OpenOffice.org, Adobe, Corel, Novell, Google et IBM. Tous ces partenaires se sont réunis au sein de l'Organization for the Advancement of Structured Information Standards (OASIS) afin de promouvoir ce nouveau format, très naturellement inspiré du format d'origine de la suite StarOffice/OpenOffice 1.0 et basé sur XML (entre autres).

Microsoft, qui developpe et propose son propre format
Open XML, ne l'entendait pas de cette oreille et comptait imposer son nouveau format grâce à Office 12 (ou 2007) sa nouvelle suite bureautique. Bien que ne réclamant pas de royalties pour ce format, Microsoft n'a pas souhaité le rendre open source. Ca reste donc un format fermé et propriétaire.
Les deux formats ont en commun de formaliser la structure de documents aux contenus multiples (textes, tableaux, graphiques, etc...). Le format Open Document, qui est sous
licence GPL, beaucoup moins restrictive d'utilisation, est open source, et intéresse à ce titre les administrations de nombreux états (comme l'état US du Massachussets) et la communauté européenne qui ont accepté d'adopter ce format comme format standard de stockage des données. Afin de satisfaire ces clients, et de contrer les menaces des administrations souhaitant passer sous OpenOffice, Microsoft va donc faire faire développer un greffon à Ms-Office permettant de gérer ce format (en import/export). Cependant, il semble que l'accessibilité aux handicapés soit moins bien gérée par l'ODF que par l'Open XML. L'ODF a pour lui d'utiliser des standards existants pour la gestion des différents médias, comme :

  • Dublin Core pour le balisage XML des méta-données,
  • MathML pour les formules mathématiques,
  • SVG pour la gestion des graphiques vectoriels,
  • SMIL pour le multimédia,
  • Xforms pour les formulaires,
  • XSL-FO pour la mise en page,
  • Xlink pour les liens.

Ceux qui connaissent et/ou maîtrisent ces technologies pourront donc se réjouir. Le format ODF est constructif puisqu'il intègre des technologies existantes et éprouvées, et surtout libres de droit. Le format ODF, déjà géré par un
grand nombre d'applications, permettra l'interopérabilité des logiciels bureautiques comme jamais, et les données ne seront plus prisonnières des logiciels.
Une grande victoire pour le monde du libre et aussi pour tous les utilisateurs de logiciels !