Bashung en concert et au cinéma

Une initiative des cinémas Gaumont-Pathé, de nous faire revivre un concert de Bashung, La Tournée des Grands Espaces, sur grand écran pour célébrer les dix ans de sa disparition

Hier soir, nous sommes allés en concert voir Bashung. Mais il est mort, me direz-vous… magie des hologrammes, réinterprétation du répertoire par un autre artiste ? Non, point, juste une initiative des cinémas Gaumont-Pathé, de nous faire revivre un concert de Bashung, La Tournée des Grands Espaces, sur grand écran pour célébrer les dix ans de sa disparition. Il s’agissait d’un concert au Bataclan en 2004 : 2h ininterrompues de musique ou Bashung et ses excellents musiciens enchainent une série de morceaux dans un spectacle très “ambiance”, en trois parties relativement distinctes regroupant des titres de plusieurs époques.

Dès le début, on est plongé dans le style Bashung et dans l’ambiance d’un de ses meilleurs albums “Fantaisie Militaire”. Une musique sublime, étrange, un texte souvent parlé plus que chanté, avec une fausseté dans le chant toujours maîtrisée. Une tonalité générale très “bémol” assez dissonante et une étrangeté subjuguante. Au delà du style, et si Bashung n’est pas un grand bavard, se contentant d’enchaîner titre après titre sans autre discours ou mise en scène, une prestation très professionnelle, très carrée et en même temps très envoutante. Un moment assez précieux et qui se légitime dans une bonne salle de cinéma et avec un bon son. Le mixage laissait la place au texte puisque la voix était mise en avant. Étonnamment, Bashung avait une très bonne diction, et le choix du micro Shure SM58 assurait au spectateur une qualité vocale au delà de ce que l’on trouve généralement dans les concerts de rock, où l’on entend peu les paroles des chansons. On ressort de ce concert dans un état étrange, un état second, mais tout de même réjoui d’avoir pu profiter, même trop tard, et dans un cadre différent, de ce spectacle atypique et formidable, en se disant que Bashung n’avait peut-être pas eu toute la place qu’il méritait dans le panthéon des artistes français.

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