Ce joli premier mai 2026 me voit ravi d’apprendre l’existence du projet Notepad++ pour Mac. En tant que technicien et développeur occasionnel, cela fait des années que j’utilise Notepad++ comme éditeur de texte à la fois pour manipuler des fichiers de toutes sortes, mais aussi pour écrire des programmes, dans le cadre de mon travail essentiellement, sous Windows.
Depuis un certain temps, travaillant principalement sur Mac, j’avais besoin de trouver un éditeur de texte puissant, gratuit et si possible open source. J’utilisais CotEditor, très perfectible, mais néanmoins assez bon programme. Mais il faut reconnaître qu’il était quand même très loin de Notepad++, que je regrettais de ne pas voir porter sur MacOS, se contentant du minimum. C’est désormais chose faite. J’ai également pendant un temps utilisé l’éditeur Visual Studio Code, de Microsoft, également disponible en version Mac. Ce n’est pas un mauvais produit, c’est même plutôt un bon produit, mais je lui trouve un petit côté usine à gaz. Et puis, comme tous les autres outils de Microsoft, il se voit gonflé à l’intelligence artificielle, ce qui a comme don de m’agacer un peu.
Mais revenons à Notepad++, qui est une jolie réussite française, depuis maintenant 23 ans. Son auteur, Don Ho, a développé ce programme en open source (Licence GPL 3) et l’a donc rendu disponible gratuitement, ce qui a probablement, en plus de toutes ses autres qualités, fait son succès. Notepad++ est un éditeur de texte conçu pour ouvrir des documents textes, voire binaires, éditer du code (langage de programmation). À ce titre, une des principales fonctionnalités de Notepad++ est la coloration syntaxique du code, basée sur le projet Scintilla. Notepad++ reconnait environ 80 langages différents, et il est possible de le personnaliser en ajoutant son propre langage pour la coloration syntaxique.

Notons également un système de greffons permettant de lui ajouter des modules externes, un système de facilitation de la saisie de code et d’indentation intelligent, qui améliorent la vie du développeur, un système de détection et de conversion de l’encodage et du type de fin de lignes, et tout un tas de fonctions faisant de Notepad++ la véritable trousse à outils du programmeur ou même du technicien. Bref, un programme indispensable.
S’il existait des éditeurs de texte sur Mac, aucun n’était aussi puissant que Notepad++. Bien sûr, il existe des éditeurs de texte historiques bien connus sur MacOS, comme BBEdit, par exemple. L’ayant utilisé dans le passé, il était vieillissant et aussi payant, ce qui n’est pas forcément rédhibitoire. Il existe, bien sûr, d’autres éditeurs de texte performants sur macOS : quelques pistes … Mais pour quelqu’un comme moi habitué à travailler sur Notepad++, c’est un bonheur de le voir arriver sur MacOS.
Quid du portage Mac de Notepad++ ?
La version macOS de Notepad++ est un portage fait par une équipe indépendante de Don Ho, et maintenu par Andrey Letov. Le programme original Notepad++ ayant été développé spécifiquement pour Windows, il a fallu réécrire une grande partie du code, écrit nativement en C++, en Objective-C++ afin d’en faire un programme macOS natif. Plus d’infos ici.
| Au moment où je finalise la rédaction de cet article (05/02/2026), j’apprends que la version 1.0.6 du programme, à venir prochainement, la version actuelle étant la 1.0.5, portera désormais le nom de Nextpad++, l’auteur ayant décidé de renommer le projet, ce qui le distinguera davantage de l’original. À noter qu’il existe également un autre fork de Notepad++ pour Linux, qui se nomme Notepadqq. À l’occasion du changement de nom, l’auteur Andrey Letov a également créé une nouvelle icône remplaçant le caméléon, et qui sera une grenouille verte. |
Notepad++ pour Mac / Nextpad++ est donc une application native pour Mac, livrée sous forme de binaire universel comportant une version pour processeur Intel et une autre pour puce Apple Silicon, donc compatible avec les processeurs Apple du M1 au M5. La version minimale de macOS compatible est BigSur (macOS 11). L’application est assez légère (34 Mo chez moi) considérant le nombre élevé de fonctions intégrées dans le programme.

On retrouve les fonctions qui ont fait le succès de Notepad++, rangées dans des menus identiques ou similaires à ceux de la version Windows, mais bien sûr n’étant pas intégrés à la fenêtre du programme, comme pour toutes les autres applications Mac. La liste des préférences du programme est très réduite par rapport à la version Windows, l’auteur ayant probablement dû se concentrer sur l’essentiel. Gageons que cela évoluera avec les futures versions.
Au niveau de l’interface, celle-ci est assez simple avec un set d’icônes en deux couleurs, assez éloigné des icônes colorées de la version Windows, mais néanmoins très identifiables et rendant leur utilisation intuitive. L’application est disponible, à l’instar de son prédécesseur, en beaucoup de langues, dont le français. Au premier démarrage, le programme se lance en anglais et il vous faudra sélectionner votre langue préférée ensuite dans les préférences via le menu Paramètres. Il manque encore des fonctions bien utiles dans l’interface, par exemple : 1) pas possible de double-cliquer dans la barre de statut du programme sur les valeurs de l’encodage ou du type de fin de ligne pour en changer la valeur autrement que par les menus, 2) Pas de menu contextuel sur l’onglet ou le fichier ouvert, permettant par exemple de dupliquer ou déplacer un onglet vers une autre vue, afin d’avoir deux fichiers ouverts de front, ce qui est bien pratique pour travailler soit sur le même fichier, mais à deux endroits différents, soit sur deux fichiers séparés qu’on veut visualiser en même temps. Mais il est toujours possible d’utiliser cette fonction via les menus, ce qui est moins rapide.
Concernant la gestion des thèmes, il semble qu’elle soit là, mais fonctionne uniquement pour l’instant par importation de fichiers de thèmes. Donc, impossible de passer par les préférences pour personnaliser l’interface (couleurs, barre d’outils…) pour l’instant.
Voilà, il manque encore des petites choses qui sont disponibles avec la version Windows, mais on va dire que le plus gros est fait et que, même si je n’ai pas encore pu tout tester, on a l’impression que le gros des fonctionnalités qu’on attend de ce programme est là.
À voir sur la durée et si le programme est effectivement maintenu et évolue dans le bon sens. La version 1.0 est sortie début avril, et en l’espace d’un mois, l’auteur a publié 5 mises à jour, soit environ une par semaine. Donc, ça progresse rapidement. Il sera bon de faire un point dans quelque temps, et d’ici là, de pouvoir tester plus profondément le programme qui est déjà disponible.