Et si vous étiez un chat ?

Une fois n’est pas coutume, j’ai décidé de vous parler d’un chat. Et aussi d’un jeu. Alors, vous allez me dire : « Les chats, on ne voit que ça sur Internet ». C’est vrai. Mais dans les jeux vidéos, ce n’est pas si courant.

Stray est un jeu vidéo sorti en 2022, à l’époque sur consoles (Xbox, Playstation) mais aussi sur Windows. Depuis début décembre 2023, il est également disponible sur Mac, compatible avec les processeurs Apple Silicon mais pas avec les processeurs Intel. Vous devrez donc disposer d’un Mac sorti depuis 2020 (processeur M1 ou supérieur).

Il s’agit d’un jeu très original puisque le personnage principal, que vous allez interpréter, est un chat de gouttière, un chat errant (“stray” en anglais) qui doit trouver son chemin et survivre dans une ville futuriste abandonnée, dans laquelle se trouvent machines, ordinateurs et robots, le plus souvent inactifs, mais aussi d’étranges mutants agressifs.

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De belles séquences cinématiques. Pour l’instant, le chat se repose, mais ça ne va pas durer longtemps.

C’est un jeu d’aventure à la troisième personne : le chat est en vue subjective, mais vous visualisez toujours le chat, vous n’êtes pas (dans) le chat. Selon les scènes et les angles, vous pouvez même le regarder de profil ou de loin. Toutefois, vous devrez apprendre à vous comporter comme un chat afin de diriger ses actions (de chat).

Au démarrage du jeu, vous vous trouvez aux confins d’une ville, dans un espace urbain déserté par la vie humaine, mais rempli de verdure, de mousses et de plantes sauvages, au milieu du béton et du métal, où courent quantité de tuyaux rouillés. Vous et une bande de chats décidez d’explorer la ville. Vous apprenez à agir avec ce que vous avez à votre disposition et ce dont est capable un chat : marcher, courir, sauter pour contourner les obstacles, en haut, en bas, et faire aussi des trucs de chat : laper l’eau d’une flaque, faire ses griffes sur un arbre, miauler…

Stray_chats_en_compagnie
4 chats en ballade

Les quatre compagnons chats entament leur périple mais très vite, vous, donc le héros chat de cette histoire, allez vous retrouver seul dans les sous-sols de cette ville abandonnée. L’ambiance est inquiétante, les lieux sombres et humides, mais une présence rassurante semble vous guider dans ce dédale.

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Le chat perdu dans les bas fonds de cette cité abandonnée est pensif. Nulle âme qui vive ici…

L’ambiance du jeu est magnifiquement restituée par des graphismes somptueux qui tirent sur la photo, ce qui rend le jeu très réaliste. Les mouvements du chats et ses attitudes sont aussi très bien réalisés, les créateurs s’étant inspiré de leurs propres chats domestiques (qui ne sont point errants). On se sent vraiment dans la peau du chat. Très vite, le chat va devoir trouver un chemin pour pouvoir continuer à avancer et ne pas se retrouver bloqué, piégé.

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Il vaut mieux prendre de la hauteur pour échapper aux bas fonds, et quoi de mieux qu’un chat pour sauter de plateforme en recoin.

Il faut donc faire preuve d’ingéniosité pour arriver à s’échapper. De nombreux dangers vous attendent aussi et vous devrez les surmonter pour survivre. La deuxième partie du jeu s’avère un peu plus futuriste et technologique, et ce chat risque de vous surprendre. C’est peu réaliste, car on est amené à effectuer des actions normalement impossibles pour un simple félin. Mais que voulez-vous, il faut bien que le scénario se complexifie, sinon le chat, promontoire après promontoire, n’aura plus qu’à terminer de faire ses griffes sur le tapis d’un appartement abandonné et on risque de se lasser. Mais je vous laisse la surprise pour la suite…

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Un menu simple et élégant.

L’interface du jeu et les écrans sont assez simples mais élégants. Le design est efficace. Le jeu est disponible en français et dans 13 autres langues. Dès le début, vous êtes guidé et il n’est pas très difficile d’apprendre à utiliser les différents contrôles pour déplacer le chat et lui faire effectuer des opérations particulières. Au lancement, vous êtes informé qu’il est préférable d’utiliser une manette de jeu. Ne disposant pas de manette, j’ai néanmoins pu déplacer le chat très simplement avec les flèches du clavier et, après avoir reconfiguré les autres touches, me débrouiller fort bien au clavier pour les autres actions (et aussi un peu à la souris pour changer l’angle de vue, ce qui est plus pratique). Il convient dès le départ de configurer correctement le clavier, notamment en prévision de certains scènes un peu stressantes où le chat doit courir pour échapper à un danger mortel. Fort heureusement, l’interface permet très simplement de sélectionner les touches selon ses préférences, comme par exemple utiliser la touche Option (alt) droite plutôt que Option gauche. De la même manière, pour faire courir le chat, on peut choisir d’appuyer une seule fois sur la touche Maj (shift) au lieu de la maintenir pressée tout le temps de la course. Et il suffira de rappuyer une fois dessus pour arrêter de courir. C’est quand même plus simple quand on a plusieurs choses à gérer, et pour ne pas massacrer les touches de son clavier.

La gestion des déplacements est intelligente et généralement l’angle de vue change automatiquement lorsque la direction du mouvement du chat change, sauf quand il est utile qu’elle ne change pas, par exemple s’il est plus confortable pour l’action envisagée que le chat soit montré de côté et non en vue subjective. Tout est assez bien pensé. J’ai noté quelques légers bugs à certains moments, mais globalement le jeu ne souffre pas tellement de défauts.

Technologiquement, le jeu est développé avec le moteur de rendu Unreal Engine 4 conçu par Epic Games, et utilise l’interface Metal développée par Apple pour l’accélération graphique. Le minimum requis est un Mac avec puce Apple Silicon M1 et MacOS 12 (Monterey), sans que soit précisée la quantité de RAM nécessaire. J’ai lu un commentaire qui disait qu’avec un Mac M1, cela fonctionnait si on limitait les réglages des graphismes et à condition d’avoir 16 Go de RAM, ce que je n’ai pu vérifier car mon ordinateur a déjà 16 Go de RAM. En outre, j’ai un Mac mini M2 Pro sur lequel j’ai exécuté le jeu avec les options graphiques au maximum et je n’ai souffert d’aucun ralentissement, même si pendant le jeu il m’a été donné d’entendre souffler les ventilateurs du Mac mini, qui ne se déclenchent autrement jamais. Le jeu profite donc véritablement des capacités graphiques du processeur M2, mais doit faire tourner les processeurs à fond. Au niveau occupation disque, l’application pèse environ 8 Go, ce qui en terme de téléchargement est plutôt lourd. Si vous prévoyez de l’installer (la déplacer) vers un disque externe, celui-ci devra être formaté de préférence en APFS et non sensible à la casse, sinon le jeu refusera de se lancer.

Quand vous lancez la partie, vous disposez de 3 emplacements de sauvegarde. Vous pouvez utiliser un emplacement de sauvegarde pour soit démarrer une nouvelle partie, soit reprendre une partie précédemment interrompue. La sauvegarde s’effectue dans le cloud.

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Choisissez une partie à reprendre ou à démarrer.

A l’intérieur d’une même partie, le jeu est automatiquement sauvegardé lorsque des objectifs sont accomplis. Si vous interrompez une partie pour revenir au menu, vous pouvez toutefois reprendre là vous étiez. Mais si vous quittez le jeu, la partie reprendra à partir de la dernière sauvegarde.

Pour conclure, je dirais que ce jeu est une vraie trouvaille, réalisée par le studio de développement Annapurna Interactive, dans lequel semblent travailler quelques français. L’esthétique du jeu est très belle, la musique adaptée et le tout est très inquiétant et intriguant, avec une qualité photo indéniable. Le principe du jeu est vraiment original et on est très vite pris par le game play et le scénario. On a du mal à raccrocher. Je vais tâcher de continuer à jouer en espérant confirmer ma bonne impression de départ.

Le jeu est disponible sur Steam ou sur l’Apple Store, pour le prix de 27,99 €, ce qui est somme toute assez raisonnable, vu le temps de jeu que l’on nous promet, et la qualité de la conception de ce programme.

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